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Cahier des charges d'un site internet : le modèle à copier

Par , fondateur de SudCréa 21 août 2026 Mis à jour le 28 octobre 2026 12 min de lecture
Cahier des charges d'un site internet : le modèle à copier

Un cahier des charges de site internet n'est pas un document administratif : c'est l'outil qui vous permet de comparer trois devis entre eux et de savoir ce que vous achetez. Sans lui, chaque prestataire répond à une question différente, et les prix deviennent incomparables. Voici un modèle complet, à copier tel quel.

À quoi sert vraiment un cahier des charges

La plupart des dirigeants de petites entreprises abordent le cahier des charges d'un site internet comme une formalité pénible. C'est une erreur de perspective. Ce document ne sert pas à faire plaisir au prestataire : il sert à vous protéger, et il rend trois services très concrets.

1. Il rend les devis comparables

C'est sa fonction principale, et de loin la plus importante. Si vous appelez trois agences en leur disant « je voudrais un site pour mon restaurant », vous recevrez trois devis qui ne portent pas sur la même chose. L'un inclura la rédaction des textes, l'autre non. L'un prévoit un module de réservation, l'autre un simple formulaire. Les prix peuvent être très éloignés les uns des autres, et vous n'avez aucun moyen de savoir lequel est le plus avantageux.

Avec un cahier des charges, vous posez la même question à tout le monde. Les écarts de prix redeviennent lisibles : ils traduisent une différence de méthode, de qualité ou de marge, et non plus une différence de périmètre.

2. Il vous oblige à clarifier votre besoin

L'exercice a une vertu secondaire souvent sous-estimée. En listant vos pages, vos fonctionnalités et vos contenus, vous découvrez presque toujours des choses que vous n'aviez pas anticipées : qui écrira les textes ? Avez-vous des photos exploitables ? Qui gérera les réservations une fois le site en ligne ?

Ces questions finissent toujours par se poser. Les traiter avant la signature coûte quelques heures. Les traiter après coûte des avenants.

3. Il devient une pièce contractuelle

Un cahier des charges annexé au devis fixe le périmètre. En cas de désaccord sur ce qui était prévu — et il y en a — le document tranche. C'est votre meilleure protection contre le « ah non, ça, ce n'était pas compris ».

Ce qu'un cahier des charges n'est pas

Ce n'est pas un document technique. Vous n'avez pas à choisir une technologie, ni à décrire une architecture. C'est le travail du prestataire. Votre rôle est de décrire ce que le site doit faire, pas comment il doit être construit.

Les 9 sections indispensables

Un cahier des charges utile tient en deux à quatre pages. Au-delà, il devient un document que personne ne lit vraiment. Voici les neuf sections qui comptent, dans l'ordre.

1. Qui vous êtes

Trois lignes : votre activité, votre zone, votre clientèle. Un prestataire qui comprend votre métier fera de meilleurs choix.

2. L'objectif du site

La section la plus importante, et la plus souvent bâclée. « Avoir un site » n'est pas un objectif. « Recevoir des demandes de devis », « réduire les appels pour les horaires », « vendre en ligne » en sont. Un objectif clair change entièrement la conception.

3. L'existant

Avez-vous déjà un site ? Un nom de domaine, et chez qui ? Un logo, une charte graphique, des photos ? Une fiche Google ? Cette section évite les mauvaises surprises et les doublons facturés.

4. L'arborescence

La liste des pages souhaitées. Pas besoin de la dessiner : une liste à puces suffit. C'est ce qui détermine le volume de travail, donc une grande partie du prix.

5. Les fonctionnalités

Formulaire de contact, prise de rendez-vous, paiement en ligne, espace client, multilingue, blog… Distinguez ce qui est indispensable de ce qui serait souhaitable. Cette distinction vous permettra d'arbitrer si le budget est dépassé.

6. Le contenu : qui fournit quoi

C'est le premier poste de dérapage des projets web. Précisez qui rédige les textes, qui fournit les photos, et si une prestation de rédaction ou de photographie est attendue. Un site n'est jamais bloqué par la technique : il est bloqué par les contenus qui n'arrivent pas.

7. Le budget et le calendrier

Annoncez une fourchette. Beaucoup hésitent, par crainte que le prestataire s'aligne dessus. En pratique, l'inverse se produit : sans indication, vous recevez des propositions hors sujet et vous perdez des semaines.

8. Ce que vous attendez à la livraison

Section courte mais décisive : le code source vous est-il livré ? Qui détient le nom de domaine et l'hébergement ? Pouvez-vous modifier le site vous-même, et sinon, combien coûte une modification ? Y a-t-il un engagement de durée ?

9. Les critères de choix

Dites sur quoi vous jugerez les propositions : le prix, le délai, les références dans votre secteur, la clarté du devis. Cela oriente les réponses et vous fait gagner du temps.

Le modèle complet à copier

Copiez le bloc ci-dessous dans un document, remplacez les mentions entre crochets, supprimez ce qui ne vous concerne pas. Il est volontairement générique : il fonctionne pour un site vitrine comme pour une boutique en ligne.

CAHIER DES CHARGES — SITE INTERNET
[Nom de l'entreprise] — [Date]

1. PRÉSENTATION
Activité : [ex. restaurant traditionnel, 40 couverts]
Zone d'activité : [ex. Marseille et alentours]
Clientèle visée : [ex. habitants du quartier, touristes en saison]
Contact projet : [nom, téléphone, email]

2. OBJECTIF PRINCIPAL DU SITE
[Une phrase. Ex. : « Recevoir des réservations en ligne et réduire le nombre d'appels pour les horaires et le menu. »]
Objectifs secondaires : [ex. apparaître sur Google quand on cherche un restaurant dans le quartier]

3. EXISTANT
Site actuel : [aucun / adresse du site, à refondre ou à remplacer]
Nom de domaine : [aucun / nom, et chez quel hébergeur]
Hébergement : [aucun / lequel]
Logo et charte graphique : [aucun / disponibles en quel format]
Photos : [aucune / disponibles, quantité et qualité]
Textes : [à rédiger / existants]
Fiche Google : [oui / non]
Réseaux sociaux : [lesquels]

4. ARBORESCENCE SOUHAITÉE
- Accueil
- [Page 2 : ex. La carte]
- [Page 3 : ex. Le restaurant]
- [Page 4 : ex. Réserver]
- Contact
- Mentions légales et politique de confidentialité
Total estimé : [X] pages

5. FONCTIONNALITÉS
Indispensables :
- [ex. formulaire de contact avec envoi par email]
- [ex. affichage des horaires]
- [ex. site lisible sur téléphone]
Souhaitables si le budget le permet :
- [ex. module de réservation en ligne]
- [ex. galerie photo]
Non souhaitées :
- [ex. blog, espace client]

6. CONTENUS : QUI FOURNIT QUOI
Textes : [fournis par nos soins / à rédiger par le prestataire]
Photos : [fournies / séance photo à prévoir / banque d'images]
Logo : [existant / à créer]
Délai de fourniture de nos éléments : [date]

7. BUDGET ET CALENDRIER
Budget envisagé : [votre fourchette]
Mise en ligne souhaitée : [date, et pourquoi : ex. avant la saison d'été]
Budget annuel de fonctionnement accepté : [ex. nom de domaine et hébergement]

8. LIVRAISON ET PROPRIÉTÉ
- Le code source doit-il nous être livré ? [oui / non]
- Qui détient le nom de domaine ? [nous, à notre nom]
- Pouvons-nous modifier le contenu nous-mêmes ? [oui / non]
- Combien coûte une modification après la mise en ligne ? [tarif]
- Durée d'engagement acceptée : [aucune / X mois]
- Après la mise en ligne : [corrections incluses pendant combien de temps / prix d'une modification / maintenance ou non, et à quel prix]
- Que se passe-t-il si nous changeons de prestataire ? [à préciser dans le devis]

9. CRITÈRES DE CHOIX
Nous retiendrons la proposition sur la base de : [ex. clarté du devis, références dans la restauration, délai, prix]
Merci de nous répondre avant le [date].

Ce modèle de cahier des charges pour un site web est libre d'utilisation. Vous pouvez le copier, le modifier et le diffuser sans me citer.

Il fonctionne aussi comme cahier des charges de refonte d'un site internet : dans ce cas, la section 3 « Existant » devient la plus importante du document, puisqu'il faut décider ce qui est conservé, ce qui est repris et ce qui disparaît. Pensez à y ajouter la liste des adresses de vos pages actuelles, afin que les redirections soient prévues et que vous ne perdiez pas votre référencement acquis.

6 erreurs qui ruinent un cahier des charges

1. Décrire la solution au lieu du besoin

« Je veux un site WordPress avec le thème Divi » est une réponse, pas un besoin. En imposant une technologie, vous vous privez de propositions parfois meilleures, et vous empêchez le prestataire de vous conseiller. Décrivez ce que le site doit faire.

2. Ne pas donner de budget

L'erreur la plus fréquente, et la plus coûteuse en temps. Sans fourchette, vous recevrez des propositions très éloignées les unes des autres, et souvent aucune ne correspondra. Une fourchette large vaut mieux que pas de fourchette.

3. Oublier la question des contenus

Un projet web s'enlise rarement pour des raisons techniques. Il s'enlise parce que les textes ne sont jamais envoyés. Si vous n'avez ni le temps ni l'envie de rédiger, dites-le d'emblée et faites chiffrer la rédaction.

4. Confondre indispensable et souhaitable

Si tout est prioritaire, rien ne l'est. Cette hiérarchie est ce qui vous permettra de rester dans le budget : on retire des « souhaitables », jamais des « indispensables ».

5. Passer sous silence l'après-livraison

Beaucoup de cahiers des charges s'arrêtent à la mise en ligne. Or c'est ensuite que les surprises arrivent : une modification dont le prix n'avait pas été annoncé, un nom de domaine déposé au nom de l'agence, engagement de plusieurs années. La section 8 du modèle existe pour ça.

6. En faire trop

Un document de vingt pages ne sera pas lu. Deux à quatre pages précises valent mieux qu'un dossier exhaustif. Si vous hésitez sur un point, écrivez « à discuter » : c'est une réponse acceptable.

S'en servir pour comparer trois devis

Une fois votre cahier des charges de site internet envoyé, vous allez recevoir des propositions. Voici comment les lire.

Vérifiez d'abord le périmètre, pas le prix

Reprenez votre section 5 et cochez, devis par devis, ce qui est réellement inclus. Un écart de prix s'explique le plus souvent par une fonctionnalité absente ou par la rédaction des contenus laissée à votre charge.

Cherchez les lignes manquantes

Un devis qui ne dit rien du nom de domaine, de l'hébergement et de l'après-livraison (corrections, prix d'une modification, maintenance ou non) n'est pas moins cher : il est incomplet. Demandez le coût annuel total, la première année et les suivantes. Chez moi, tout est affiché sur la page site de 3 pages et sur celle des options.

Posez les quatre questions qui révèlent tout

À poser à chaque prestataire, par écrit :

1. Le code source me sera-t-il livré à la fin du projet ?
2. Le nom de domaine sera-t-il déposé à mon nom, avec mes accès ?
3. Quelle est la durée d'engagement, et que se passe-t-il si j'arrête ?
4. Combien coûte le site sur trois ans, tout compris ?

Les réponses à ces quatre questions séparent très nettement les propositions. Une réponse évasive est une réponse.

Méfiez-vous du prix mensuel seul

Un site présenté à « 150 euros par mois » paraît accessible. Sur un engagement de 36 mois, cela représente 5 400 euros. Faites systématiquement la multiplication, puis comparez avec un site acheté une fois, en ajoutant l'hébergement et les modifications que vous demanderez : je compare le coût sur trois ans ici.

Le devis lui-même est un indice

Un devis clair, détaillé ligne par ligne, avec les prestations et les exclusions, indique un prestataire qui a lu votre cahier des charges. Un devis d'une seule ligne indique l'inverse.

Et si vous n'avez pas le temps ?

Soyons honnêtes : beaucoup de dirigeants n'écriront jamais ce document. Ce n'est pas grave, à une condition — que le cadrage soit fait avec le prestataire, avant le devis, et qu'il soit écrit quelque part.

Un prestataire sérieux ne vous demandera pas un cahier des charges parfait. Il vous posera lui-même les questions des neuf sections, au téléphone ou en rendez-vous, puis vous enverra par écrit ce qui est compris, ce qui ne l'est pas et le prix. Ce document devient votre cahier des charges.

Ce qui doit vous alerter, en revanche, c'est un prestataire qui vous envoie un devis sans avoir posé aucune de ces questions. Il ne peut pas chiffrer ce qu'il ne connaît pas : soit le prix est surévalué pour couvrir l'inconnu, soit il sera révisé en cours de route.

Le minimum vital, si vous ne faites qu'une chose

Écrivez trois phrases : l'objectif du site, la liste des pages, et votre fourchette de budget. Envoyez-les, ou lisez-les au téléphone : chaque prestataire répond alors à la même question, et les devis deviennent comparables.

Questions

Questions fréquentes

Quelle longueur doit faire un cahier des charges pour un site internet ?
Deux à quatre pages suffisent dans la très grande majorité des cas, y compris pour une boutique en ligne. Au-delà, le document risque de ne pas être lu intégralement. La précision compte davantage que le volume : une liste de pages et une distinction claire entre fonctionnalités indispensables et souhaitables valent mieux que dix pages de contexte.
Faut-il indiquer son budget dans le cahier des charges ?
Oui, sous forme de fourchette. Beaucoup craignent que le prestataire aligne son prix sur le budget annoncé. En pratique, ne rien indiquer produit surtout des propositions hors sujet et fait perdre plusieurs semaines. Une fourchette permet au prestataire de calibrer sa réponse et de vous dire franchement si votre besoin est réalisable dans cette enveloppe.
Dois-je choisir la technologie dans mon cahier des charges ?
Non. Décrire ce que le site doit faire relève de votre responsabilité ; choisir comment le construire relève de celle du prestataire. Imposer une technologie vous prive de propositions parfois mieux adaptées et empêche le prestataire de vous conseiller. La seule exception est une contrainte réelle de votre côté, par exemple un outil métier existant avec lequel le site doit communiquer.
Le cahier des charges a-t-il une valeur contractuelle ?
Il en acquiert une dès lors qu'il est annexé au devis signé. C'est précisément son intérêt : en cas de désaccord sur le périmètre en cours de projet, le document fait référence. Pensez à le mentionner explicitement dans le devis, par une formule du type « conforme au cahier des charges du [date] joint en annexe ».
Existe-t-il un exemple de cahier des charges de site internet déjà rempli ?
Le modèle donné plus haut dans cet article est un cahier des charges de site internet complet, avec des exemples entre crochets pour chaque rubrique. Il vous suffit de remplacer ces mentions par votre situation. Un exemple entièrement pré-rempli serait contre-productif : le contenu d'un cahier des charges dépend entièrement de votre activité et de votre objectif, et recopier celui d'une autre entreprise conduit à demander des fonctionnalités dont vous n'avez pas besoin.
Que faire si je ne sais pas répondre à certaines sections ?
Écrivez « à discuter » et passez à la suite. Un cahier des charges incomplet reste très utile : il montre ce que vous savez et ce sur quoi vous attendez un conseil. C'est même une information précieuse pour le prestataire, qui saura où vous accompagner.

Un devis lisible, ligne par ligne

Envoyez-moi votre cahier des charges à contact@sudcrea.fr, même incomplet : je vous rappelle sous 24 h ouvrées pour poser les questions qui manquent, puis vous recevez un devis détaillé, sans engagement.